Journaliste et romancier

1971

Juin 1971, un communiqué du ministère de l'intérieur annonce qu'à partir de la rentrée de 71, l'enseignement de la philo sera arabisé. N'étant pas formé pour cela je demande une mise en disponibilité au ministère et décide de venir à Paris pour faire une thèse de troisième cycle en psychologie. Une association caritative française me donne une bourse de 500 FF par mois.
J'arrive à Paris le 11 septembre 1971. J'habite à la Cité universitaire internationale au pavillon "Maison de Norvège".

1972

Grâce à François Bott, adjoint de Jacqueline Piattier directrice du Monde des Livres, je publie mon premier article dans Le Monde le 19 juin 1972 "Technique d'un viol" (contre Paul Bowles).

"Cicatrices du soleil", receuil de poésie est publié en 1972 par François Maspero, dans la collection "Voix", dirigée par Fanchita Maspero.

 

1973

A partir de 1973, je deviens collaborateur-pigiste du journal Le Monde, rattaché au service Livres.
Septembre 1973 : " Harrouda " mon premier roman est publié par Maurice Nadeau chez Denoël (Lettres Nouvelles). Il jouit du prestige lié à la personnalité de Nadeau. Je reçois des lettres de Roland Barthes, de Samuel Beckett.

Décembre 1974, le directeur du Monde, Jacques Fauvet m'envoie faire un reportage sur le pèlerinage à la Mecque. Ce reportage fera date, car ce fut la première fois qu’un grand quotidien occidental publie une série de trois articles sur le pèlerinage à la Mecque, vu de l’intérieur. Une série de trois articles sera publiée début janvier 75.


Juin 1975 : je soutiens une thèse en psychiatrie sociale à la faculté de Jussieu ; sujet : " problèmes affectifs et sexuels de travailleurs nord-africains en France ". Dans l'assistance, Jean Genet que je venais de connaître. A partir de cette thèse j'écris " la plus haute des solitudes ". Le manuscrit sera refusé par la plupart des grandes maisons d'édition à Paris. Le Seuil accepte de le publier à condition que je m'engage à lui donner mes prochains romans. Après " Harrouda ", Maurice Nadeau publie mon deuxième roman " La réclusion solitaire " toujours chez Denoël. Je suis sous contrat chez cet éditeur. Nadeau s'en va ; par solidarité je refuse de continuer à être édité par Denoël. Je fais partie d'un comité de soutien à Nadeau où sont réunis la plupart des écrivains qu'il a édités comme Georges Pérec, Angelo Rinaldi, Hector Bianccioti, etc.
" La plus haute des solitudes " connaît un succès surprenant. Le Seuil devient mon unique éditeur.

1976

1976: "les amandiers sont morts de leurs blessures" Poésie ; Maspero.


1976: Maspero publie "La mémoire future", anthologie de la nouvelle poésie du Maroc (arabophone et francophone), préparée avec Mohamed Berrada. Cette anthologie devait paraître aux éditions Sindbad. Son directeur, Pierre Bernard, qui était aidé financièrement par l'Algérie renonce à ce projet. Depuis que cet ouvrage a été épuisé, je n'ai pas voulu le rééditer, vu qu'il m'a causé un certain nombre d'inimitiés dans le milieu des poètes.

1978

1978: "Moha le fou, Moha le sage" ce roman qui débute par la description d’une séance de torture dans une prison marocaine, a été interdit pendant quelques mois, les libraires n’ayant pas reçu l’autorisation de le commander ; il a fallu que j’aille plaider ma cause auprès du responsable de la censure au Ministère de l’Information qui dépendait à l’époque du ministère de l’Intérieur. Après quelques hésitations, le livre fut autorisé. Il est l’un des livres marocains le plus lu au Maroc.

1979

1979: décès de Pierre Viansson-Ponté, de la direction du Monde ; mon maître en journalisme, devenu ami et protecteur. Sans lui beaucoup de mes textes n'auraient jamais été publiés.

1980

1980: " A l'insu du souvenir " poésie ; Maspero.

1981

1981: " La prière de l'absent " ; roman ; Seuil. (j'avais perdu les trois premiers chapitres de ce livre ; pour pouvoir les retrouver par la mémoire, je me suis remis au même endroit et dans les mêmes conditions pour écrire).

1983

1983: " l'écrivain public " ; récit autobiographique : Seuil.