François Hollande, l’homme qui ne change pas.

02.10.2015
 

François Hollande illustre à la perfection le constat de Spinoza : « Tout être persévère dans son être », autrement dit, l’homme ne change pas, au contraire, il développe en profondeur ce qu’il est et persiste dans son être quels que soient les défauts et les qualités.

La première fois où j’ai rencontré François Hollande, c’était en juillet 2007. Je quittais en voiture l’aéroport de Tanger où j’étais venu chercher un de mes enfants qui rentrait de Paris. Je vois un monsieur en costume foncé, cravate malgré la chaleur, attendant avec sa petite valise sur le bord de la route comme s’il faisait de l’auto stop. Je m’arrête et lui propose de le ramener en ville. Il me remercie et me dit qu’il attend des amis qui sont en retard.

Je saurai plus tard, qu’il était venu rejoindre la femme qu’il aimait clandestinement à l’époque, Valérie Trierweler. C’était un petit gros, presque insignifiant, assez sympathique, genre un fonctionnaire modeste. J’apprendrai plus tard qu’il est du genre à compenser son aspect physique qui n’est pas celui d’un bel homme par le sens de la répartie, par l’intelligence et le sens de l’humour.

Je connaissais Valérie en tant que journaliste et je la trouvais belle et sensuelle. Je ne pouvais imaginer qu’elle tomberait amoureuse de cet homme. Pourtant ce fut ce qui arriva. Elle l’avait pris en mains, l’avait fait maigrir et filaient tous les deux le parfait amour.

Quand je voulais voir François, j’appelais Valérie. C’était l’époque de la campagne électorale. Et chaque fois que je me trouvais face à lui, je l’imaginais dans les bras de la belle Valérie et j’étais toujours étonné.

C’est un homme complexe. Son tempérament ne correspond ni à son allure générale ni à son physique. Pourtant c’est un homme dur. Il n’est pas influençable. Il fait semblant d’écouter ses conseillers et amis mais n’en fait qu’à sa tête. J’ai découvert cet aspect chez lui au moment où il me demandait de lui parler du Maghreb. Il n’avait suivi aucun de mes conseils. Je savais qu’il avait un penchant pour l’Algérie où il avait fait un stage au moment de ses études à l’Ecole nationale d’administration. Au lieu de faire une tournée dans les trois pays de cette région, il fit un voyage unique en Algérie, ce qui n’était pas très diplomatique.

Le reste de son caractère, je l’ai connu grâce aux confidences de mon amie Valérie bien avant la publication de son livre « Merci pour ce moment ».

Après une période d’amour fou, François retrouva ses habitudes de séducteur. Il n’en pas l’air, mais c’est un séducteur. Pas en politique. En amour.

En politique, il a ses convictions et rien ne le décourage. C’est un trait de caractère important : il ne change pas de trajectoire. Même quand il a fait appel au jeune Emmanuel Macron et a pris le virage de l’économie libérale, il a persisté dans le fait qu’il n’a pas changé. Ni les sondages qui lui sont défavorables, ni la presse qui n’est pas tendre avec lui ne l’ébranlent. Il est droit dans ses bottes. La preuve, alors que tout le monde le donne perdant en 2017, il se prépare pour se représenter à la présidentielle !

A part la tragédie des attentats de janvier 2015 à Paris, rien ne l’affecte.

Je me souviens l’avoir vu le lendemain où tout le monde apprit que son ministre de l’économie et ami Cahuzac avait menti et avait effectivement caché de l’argent en Suisse. On devait partir ensemble au Maroc. Je me disais, il va arriver dans un état dépressif. Pas du tout, un quart d’heure avant le départ, il apparut dans le salon, souriant, serrant des mains, disant un mot à l’un et à l’autre, bref, normal. Là j’ai compris que cet homme était un grand animal politique. Alors qu’il avait passé une mauvaise nuit, (Valérie me l’avait dit), le matin, il avait tout effacé et était prêt pour effectuer un voyage officiel au Maroc.

Il est persuadé que sa politique est juste et qu’on verra les résultats dans deux ou trois ans. Ceci est sa conviction absolue. Elle le met à l’abri de toute critique.

On aurait dû savoir que cet homme n’est pas mou. Une autre preuve : le fait qu’il a tenu sa promesse de ne jamais se marier. Il a fait quatre enfants à Ségolène Royal sans passer devant le maire pour officialiser leur liaison. Valérie espérait beaucoup qu’il changeât d’avis une fois devenu président. Elle était même persuadée que pour des raisons politiques et pratiques, il allait se marier avec elle. Illusion ! C’est un homme qui ne change pas. Il ne recule pas. Il persévère dans son itinéraire sans dévier, du moins sans rien bouleverser. Il est entêté, imperméable aux critiques, ayant une bonne maîtrise de ses nerfs, avance et rien ne le fait plier. Il n’y a que le suffrage des électeurs pour le faire partir, mais jamais il ne se livrera à une auto critique de fond.